La responsabilité des médecins dans la sélection et non-prescription de certains médicaments sur le marché

Souvenirs de Mediator

Publié par Luc Perino, médecin généraliste, humeur du 06/12/2010

Le laboratoire Servier a toujours été un brillant marginal. Je me souviens que c’est le seul laboratoire qui m’a offert un livre écrit par son patron, Jacques Servier, un homme de conviction. Le titre du livre était : Le médicament, inventer ou mourir.
Le laboratoire Servier se positionnait franchement comme un laboratoire de recherche et d’innovation. Cette image était un point fort de sa stratégie marketing. En cela, il ne différait pas des autres, mais il le faisait avec un petit côté franchouillard qui n’était pas pour me déplaire. J’avoue avoir, moi aussi, une certaine tendance cocorico.

Servier, c’était bien évidemment le gliclazide alias Diamicron®. Quel généraliste n’en a pas prescrit des tonnes ? On l’opposait volontiers au glibenclamide alias Daonil®. Il y avait une tendance qui faisait du Diamicron le sulfamide hypoglycémiant des généralistes et du Daonil celui des spécialistes. Ce genre de subtilités sans véritable base scientifique est difficile à interpréter. Il résulte probablement du marketing. Les mini-jupes des visiteuses Servier auraient-elles eu plus d’impact sur les généralistes que sur leurs éminents confrères ? Il ne me plaît guère de l’admettre. Les omnipraticiens étaient-ils plus patriotes tandis que l’atlantisme scientifique gagnait déjà les spécialistes qui ne pouvaient décemment pas prescrire une molécule à la fois gauloise et généraliste ? Je n’en sais rien, mais à défaut d’être logique, c’était intéressant à décrypter.
Servier, c’était aussi le Daflon® sur lequel, bien évidemment, je n’ai rien à dire.

Servier c’était aussi, hélas, l’interminable déclinaison des dérivées amphétaminiques, Pondéral® et Isoméride®, entre autres, sur le marché juteux de l’obésité qui montre régulièrement sa propension à passer brutalement de la gloire à la déchéance. Je regrette encore les quelques boîtes de Pondéral® que j’ai prescrites dans ma fougueuse jeunesse. Le récent retrait du Sibutral et de bien d’autres à venir, oblige à se poser définitivement la question du curatif en matière d’obésité. La physiologie nous signifierait-elle ainsi certains domaines où seul le préventif aurait droit de cité ?

Servier c’est aussi le Mediator® dont on parle beaucoup en ce moment. Si je cède, à mon tour, au panurgisme – qui n’est pas mon plus gros défaut – ce n’est pas pour tirer sur l’ambulance, mais en raison de souvenirs précis autour de ce désormais bien triste benfluorex.

Je commençais par être quelque peu agacé par les méthodes de promotion de nos chers laboratoires, en particulier, je n’appréciais pas la fâcheuse habitude qu’avait pris Servier de toujours présenter des médicaments hors catégorie. Chaque molécule n’appartenait à aucune classe déjà connue et inaugurait un groupe original. Quelle surprenante créativité ! Mediator était de ceux-là : ni sulfamide, ni biguanide, il était proposé dans le diabète de type 2. Je disposais déjà du Glucophage® et du Diamicron® (précisément) pour une pathologie qui ne me paraissait pas justiciable de l’engouement curatif international qu’elle continue de susciter. On a proposé bien d’autres classes thérapeutiques depuis, dont l’Avandia®, avec les nouveaux déboires que nous savons. Tout cela pour de fort maigres résultats, en termes de gain de vie, et pour une pathologie qui mérite d’être redéfinie.

Bref, j’avais provisoirement banni le Mediator de mes prescriptions. Ce bannissement est devenu définitif lorsque les indications de cette molécule ont, subrepticement d’abord, puis franchement ensuite, basculé vers l’obésité. Non pas que je néglige mes patients obèses, bien au contraire, je refuse d’ajouter un fardeau à celui qu’ils ont déjà à porter. Ainsi, la mollesse des hasards et la rigidité de mes principes ont réussi à m’épargner toute prescription de Mediator. C’est la vraie vérité. Pas un seul petit comprimé.

Pardonnez cette fierté dérisoire. Lorsque, comme tous mes confrères, je ressasse mes fautes, mes négligences et mes erreurs, dont certaines ont peut-être été des pertes de chances ou de vie, il est si bon de pouvoir s’extraire avec certitude d’une nouvelle culpabilité de la médecine.

Je souhaite de tout mon cœur que la liste des morts du Mediator n’augmente pas. Je compatis aux problèmes majeurs que doit affronter le personnel du laboratoire Servier. Je regrette pour eux qu’ils aient eu un ministère laxiste qui n’a pas su les arrêter à temps. Nous savons depuis bien longtemps qu’un marchand ne sait jamais s’arrêter tout seul, il faut l’aider. D’autres pays d’Europe ont réagi bien avant.

La franchouillardise, la peur d’augmenter le chômage ou de diminuer le PIB peuvent être des qualités… Jusqu’au moment de l’aveuglement.

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En médecine aussi, le mieux est l’ennemi du bien

Consistance des maladies virtuelles

Publié par Luc Perino, médecin généraliste, humeur du 31/10/2018

La morbidité se définit comme

  • un “état de maladie
  • ou un “caractère relatif à la maladie“.

Ces définitions sous-entendent que la morbidité est vécue par le patient avant d’être comptabilisée par la médecine. La troisième définition est statistique :

  • pourcentage de personnes atteinte d’une maladie donnée“.

Désormais, la médecine se propose d’intervenir avant les premiers signes de maladie. Le dépistage organisé et la détection des facteurs de risque créent ainsi une nouvelle morbidité qui n’est plus vécue par les patients. Une image suspecte, une cellule anormale, une prédisposition génétique, un chiffre élevé de pression artérielle, de sucre ou de cholestérol ne sont pas des signes ressentis par le patient mais des informations qu’il reçoit de la médecine. Cette morbidité est donc virtuelle pour le patient.

Si je peux comprendre l’intérêt de la biomédecine pour ces maladies virtuelles, je suis toujours surpris de la docilité avec laquelle ces patients “virtuels” acceptent ces nouveaux diagnostics et les vivent comme des maladies dont ils auraient réellement ressenti les symptômes. Ils les vivent même parfois avec une intensité dramatique supérieure à celle d’une maladie réellement vécue.

Pourtant, un grand nombre d’images ou de chiffres suspects, disparaissent comme ils apparaissent sous l’effet de multiples facteurs variables et labiles. On peut être hypertendu pendant deux ans et ne plus l’être pour tout le reste de sa vie. On peut avoir une cellule cancéreuse sans que jamais n’apparaisse ni tumeur ni métastase. Dans leur grande majorité, les prédispositions génétiques restent indéfiniment à l’état de prédisposition.

Le plus surprenant est la définition rétrospective de ces virtualités à partir d’une proposition théorique de soin. C’est exclusivement l’idée d’un soin qui leur confère une réalité morbide.
Cette inversion complète des processus diagnostiques et thérapeutiques répond merveilleusement aux nouvelles normes mercatiques et informatiques de notre monde auxquelles la médecine n’a pas de raison d’échapper. Ce n’est plus le patient qui vient proposer au médecin des symptômes vécus dans l’espoir qu’il ne s’agisse pas d’une vraie maladie, ce sont les médecins qui proposent des pathologies virtuelles que le patient va alors vivre comme de vrais maladies.

Avec cette nouvelle normativité, aura-t-on encore besoin de l’expertise clinique des médecins ? Si oui, quel sera alors l’utilité de ces nouveaux experts ? Nous avons de bonnes raisons de penser que leur rôle principal consistera à dissimuler un diagnostic de maladie virtuelle lorsqu’ils estimeront que le fait de la donner à “vivre” pourrait dégrader la santé plus que ne le ferait la maladie réelle supposée évitable…
Vaste programme à inscrire d’urgence dans le cursus universitaire médical…

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Personal care product use and breast cancer risk

Associations between Personal Care Product Use Patterns and Breast Cancer Risk among White and Black Women in the Sister Study

New Research from USA NIEHS sister study of 47,000 women, suggests a link between frequent and moderate use of beauty products and breast cancer. The study reviews effects of environment and endocrine disruptors on risks of breast cancer and fibroids.

2018 Study Abstract

Background
Many personal care products include chemicals that might act as endocrine disruptors and thus increase the risk of breast cancer.

Objective
We examined the association between usage patterns of beauty, hair, and skin-related personal care products and breast cancer incidence in the Sister Study, a national prospective cohort study (enrollment 2003–2009).

Methods
Non-Hispanic black (4,452) and white women (n=42,453) were examined separately using latent class analysis (LCA) to identify groups of individuals with similar patterns of self-reported product use in three categories (beauty, skin, hair). Multivariable Cox proportional hazards models were used to estimate hazard ratios (HRs) and 95% confidence intervals (CIs) for associations between product use and breast cancer incidence.

Results
A total of 2,326 women developed breast cancer during follow-up (average follow-up=5.4y). Among black women, none of the latent class hazard ratios was elevated, but there were <100 cases in any category, limiting power. Among white women, those classified as “moderate” and “frequent” users of beauty products had increased risk of breast cancer relative to “infrequent” users [HR=1.13 (95% CI: 1.00, 1.27) and HR=1.15 (95% CI: 1.02, 1.30), respectively]. Frequent users of skincare products also had increased risk of breast cancer relative to infrequent users [HR=1.13 (95% CI: 1.00, 1.29)]. None of the hair product classes was associated with increased breast cancer risk. The associations with beauty and skin products were stronger in postmenopausal women than in premenopausal women, but not significantly so.

Conclusions
This work generates novel hypotheses about personal care product use and breast cancer risk. Whether these results are due to specific chemicals or to other correlated behaviors needs to be evaluated.

Breast-feeding Lowers Your Breast Cancer Risk

CDC’s Dr. Lisa Richardson explains why breastfeeding your babies can lower your risk of breast cancer

Watch Dr. Lisa Richardson, an oncologist and Director of the Division of Cancer Prevention and Control at CDC, explain why breastfeeding your babies can lower your risk of breast cancer.

Breast Cancer Differences in Young Women

Differences in breast cancer incidence among young women aged 20–49 years by stage and tumor characteristics, age, race, and ethnicity, 2004–2013

A recent CDC study highlights the differences in breast cancer incidence among young women. Although breast cancer is not common among younger women, rates have remained stable in recent years. Breast cancers in young women are more likely to be found at later stages and with more aggressive, larger tumors. Based on data from CDC’s National Program of Cancer Registries (NPCR) and the National Cancer Institute’s Surveillance, Epidemiology, and End Results (SEER) program, the study looked at breast cancer rates and trends by stage, grade, and tumor subtype, as well as age and race/ethnicity among women aged 20-49 years. From 2004-2013, the majority of invasive breast cancer cases (77.3%) occurred among women aged 40-49 years. Among women younger than 45 years old, black women had the highest breast cancer incidence. For women aged 45-49 years, white women had higher breast cancer incidence than black women. Across all age groups, incidence rates for triple-negative breast cancer were higher in black women than other races/ethnicities. These differences show that breast cancers in young women are highly diverse and in need of further research into personal and cultural factors. Take a look at our resource for triple-negative breast cancer.

Abstract

Purpose
Younger women diagnosed with breast cancer have poorer prognoses and higher mortality compared to older women. Young black women have higher incidence rates of breast cancer and more aggressive subtypes than women of other races/ethnicities. In this study, we examined recent trends and variations in breast cancer incidence among young women in the United States.

Methods
Using 2004–2013 National Program of Cancer Registries and Surveillance, Epidemiology, and End Results Program data, we calculated breast cancer incidence rates and trends and examined variations in stage, grade, and tumor subtype by age and race/ethnicity among young women aged 20–49 years.

Results
The majority of breast cancer cases occurred in women aged 40–44 and 45–49 years (77.3%). Among women aged < 45 years, breast cancer incidence was highest among black women. Incidence trends increased from 2004 to 2013 for Asian or Pacific Islander (API) women and white women aged 20–34 years. Black, American Indian or Alaska Native, and Hispanic women had higher proportions of cases diagnosed at later stages than white and API women. Black women had a higher proportion of grade III–IV tumors than other racial/ethnic groups. Across all age groups, incidence rates for triple-negative breast cancer were significantly higher in black women than women of other races/ethnicities, and this disparity increased with age.

Conclusions
Breast cancer among young women is a highly heterogeneous disease. Differences in tumor characteristics by age and race/ethnicity suggest opportunities for further research into personal and cultural factors that may influence breast cancer risk among younger women.

MHRA has approved the brand name Xonvea® to be used for marketing Diclectin® in the UK

New NHS drug for “morning sickness”, approved July 2018

Alliance Pharma plc (AIM: APH), the specialty pharmaceutical company, announces that the Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) has approved the UK Marketing Authorisation Application for Diclectin®, a prescription product for the treatment of nausea and vomiting of pregnancy.

Alliance also confirms that the MHRA has approved the brand name Xonvea®, which will be used for marketing Diclectin in the UK. As previously indicated, Alliance anticipates Xonvea’s launch in autumn this year as the only medicine licensed in the UK for the treatment of nausea and vomiting of pregnancy.

Xonvea was in-licensed from Duchesnay Inc. of Canada (“Duchesnay”) for the UK in 2015 and for a further nine European countries in 2016 – Austria, Belgium, France, Germany, Italy, Luxembourg, Netherlands, Republic of Ireland and Switzerland.

Nausea and vomiting of pregnancy is the most common medical condition in pregnancy affecting approximately 690,000 women in the UK each year according to the Office of National Statistics and the Royal College of Obstetricians and Gynaecologists. Research shows that up to 40% of pregnant women report symptoms of nausea and vomiting of pregnancy sufficiently severe to interfere with daily life whilst NHS data shows that at least 33,000 women with the condition are hospitalised each year.

The Group estimates peak sales for Xonvea in the UK of approximately £10m and across the other nine European countries a further £30m approximately at peak sales. The Group will incur both upfront costs ahead of the launches in the UK and EU markets and further incremental costs to support in-market growth in these countries. Alliance expects to generate meaningful sales of Xonvea from H2 2019.

Xonvea is the most studied medicine in pregnancy, with a proven efficacy and safety profile from use in more than 30 million women over more than 30 years. Following marketing authorisation in the UK, Alliance is preparing to file the necessary applications for regulatory approvals in continental Europe.

Related : read What you don’t know about a leading morning-sickness drug, by Anne Kingston Oct 23, 2015 on macleans.

The International Federation of Gynecology and Obstetrics World Congress 2018

XXII FIGO 2018, Rio de Janeiro, Brazil

The FIGO World Congress of Gynecology and Obstetrics is the single largest global congress on maternal and infant health, bringing together obstetricians, gynecologists and related health professionals from around the world.

The #FIGO2018 XXII FIGO World Congress of Gynecology and Obstetrics will take place in the beautiful city of Rio de Janeiro, Brazil from 14-19 October 2018.

Uterus transplantation is still highly experimental in 2018, ASRM committee says

American Society for Reproductive Medicine position statement on uterus transplantation: a committee opinion

Following the birth of the first child from a transplanted uterus in Gothenburg, Sweden, in 2014, other centers worldwide have produced scientific reports of successful uterus transplantation, as well as more recent media reports of successful births.

The American Society for Reproductive Medicine recognizes uterus transplantation as the first successful medical treatment of absolute uterus factor infertility, while cautioning health professionals, patient advocacy groups, and the public about its highly experimental nature.

Read American Society for Reproductive Medicine position statement on uterus transplantation: a committee opinion on Fertility and Sterility, September 2018.

Sadly for many DES daughters having their own children is not possible! Many of us who have experienced miscarriages, want to have kids but are struggling or unable to… Find out more about DES pregnancy risks and DES studies on fertility and pregnancy.

Long-Term Dangers of Birth Control Pills

Dr. Elizabeth Plourde, Clinical Laboratory Scientist, Author, talks, 2011

Dr. Elizabeth Plourde talks about the dangers of using birth control pills for many years and why they are dangerous.

  • Video published on 26 Sep 2011 by iHealthTube.com.

Sweetening the pill : Could some birth-control drugs kill you?

Could some pharmaceutical birth-control methods be having side-effects that are much more dangerous than women realise ?

Featuring interviews with parents and friends of those who’ve died after complications related to some birth control hormones, Abby Epstein and Holly Grigg-Spall question how much the public really know about their medical effects.

  • Find out more about the Sweetening the Pill documentary on Kickstarter.
  • Video published on 22 Jun 2015 by The Guardian.