Comment un géant pharmaceutique a saboté le combat pour un traitement anti-cancéreux abordable

Novartis contre la Colombie ; la guerre du prix du Glivec – 2015-2019

En Colombie, le prix d’un médicament anti-leucémique est devenu trop élevé pour le budget de la santé publique. En 2015, le gouvernement décide donc d’émettre une déclaration d’intérêt public pour le Glivec, privant ainsi le géant pharmaceutique Novartis de son monopole de production, dans un espoir de faire baisser le prix du médicament en faisant jouer la concurrence. Mais Novartis, craignant de voir sa poule aux œufs d’or lui échapper, menace d’attaquer la Colombie devant un tribunal d’arbitrage international. Si le prix du Glivec finit par baisser, les tactiques d’intimidation de Novartis ont aussi raison des velléités du gouvernement de mettre fin au monopole de Novartis. Le géant suisse parvient à éviter un fâcheux précédent, qui en faisant des émules, aurait pu entamer ses énormes bénéfices dans le monde.

Référence. Téléchargez l’affaire.

Comprendre la perturbation endocrinienne

“Émission du Labo”, enregistrée en public au Lieu Unique, Nantes, le 14 mai 2019

Les sources d’exposition sont nombreuses et difficiles à maîtriser, tout comme leurs conséquences biologiques.

Historiquement, les perturbateurs endocriniens ont commencé à attirer l’attention des chercheur·euses dès les années 1950. Mais c’est l’affaire du distilbène qui, dans les années 1970, a fait exploser le sujet sur la scène scientifique et médiatique, alors même que le terme de “perturbateur endocrinien” n’était pas encore utilisé.

Aujourd’hui, c’est un enjeu majeur de santé publique, pour nous qui sommes vivants, mais aussi pour les générations futures, celles qui n’ont pas encore vu le jour. Référence.

Le Distilbène DES, en savoir plus

Chemicals, pesticides, microplastics added to supermarket food

The Honest Supermarket – What’s Really in Our Food ?

Can we trust our supermarkets to tell us the truth about what we are buying and how it was produced ?

For every pound we spend on food shopping, 77p goes to the supermarkets, giving them a huge influence over what we eat. Do their profits come first ?

In an experiment to discover the hidden truths about our everyday foods, Horizon has built the first ever truly ‘honest supermarket’. Drawing on the latest scientific research and leading experts from across the UK, the team have built a supermarket where the products are labelled with the real story of how they are produced and their effect on us and the environment. We invite the British public to come in and discover the truth about their favourite foods. And in our on-site lab, new scientific discoveries reveal the food facts the supermarkets aren’t telling you.

Presented by Dr Hannah Fry and dietician Priya Tew, The Honest Supermarket takes a cold hard look at what’s really going on with the food we eat. From new research that reveals you’re likely to be ingesting plastic particles along with your bottled water to the lab tests that uncover the disturbing truth about just how old your ‘fresh’ supermarket fish really is…

You’ll never look at the food on your supermarket shelves in the same way again says BBC2 Horizon, Jul 2019.

Estimations nationales de l’incidence et de la mortalité par cancer en France métropolitaine entre 1990 et 2018

Les nouveaux cas de cancer en forte hausse en France

Le rapport de l’ Institut National Du Cancer, publié juillet 2019, met en évidence une augmentation de 45 % de l’incidence chez la femme et de 6 % chez l’homme depuis 1990, abstraction faite de l’augmentation de la population et de son vieillissement. La mortalité a, elle, enregistré une baisse relative, nous rapporte Le Monde.

Conclusion

Ces estimations actualisées d’incidence et de mortalité portant sur la période 1990‑2018 bénéficient d’une révision majeure de la méthode, qui permet de publier pour la première fois en France métropolitaine des données d’incidence par sous‑type, que ce soit histologique ou topographique. Des estimations ont ainsi pu être produites selon la même méthodologie pour un total de 74 types ou sous‑types de cancers.

Ces résultats décrivent une situation plutôt encourageante chez l’homme, pour lequel on observe une diminution de l’incidence et de la mortalité pour deux des trois cancers les plus fréquents (cancer de la prostate et cancer colorectal), et une diminution de l’incidence et de la mortalité de plusieurs cancers liés à l’alcool et au tabac (lèvre, bouche, pharynx, larynx, oesophage). Ces résultats montrent en revanche une stabilité de l’incidence du cancer du poumon chez l’homme et son évolution préoccupante chez la femme. Les écarts d’incidence entre les hommes et les femmes se sont considérablement réduits depuis 1990, en relation avec l’augmentation de la consommation de tabac chez ces dernières. L’analyse des tendances par type histologique montre une hausse de l’incidence des adénocarcinomes du poumon dans les deux sexes, en lien vraisemblablement avec les modifications de composition et de structure des cigarettes apportées par l’industrie du tabac depuis plusieurs décennies.

Cette étude, contrairement à la précédente qui montrait pour le cancer du sein une baisse puis une stabilisation de l’incidence entre 2005 et 2010, met en évidence une poursuite de l’augmentation de l’incidence de ce cancer au cours des années récentes. Cette hausse, plus modérée que celle observée dans les années 1990, est décrite pour toutes les classes d’âge, excepté pour les femmes âgées de 60 ans. L’analyse des tendances par âge soulève également pour le cancer du col de l’utérus et le cancer de l’anus chez les femmes l’hypothèse d’une augmentation récente des cancers imputables à l’infection persistante par le papillomavirus humain (HPV).

Cette actualisation des tendances sur la période 1990‑2018 permet par ailleurs de pointer des évolutions défavorables de l’incidence de plusieurs cancers (mélanome cutané, pancréas, foie, rein) aux modalités étiologiques, thérapeutiques et aux pronostics souvent très différents.

Des efforts de prévention doivent être maintenus et renforcés pour réduire le nombre de cancers aux causes évitables (le tabagisme pour le cancer du poumon, l’infection par le HPV pour le cancer du col de l’utérus et le cancer de l’anus, ou encore les expositions aux ultraviolets naturels ou artificiels pour le mélanome cutané), au même titre que ceux visant à améliorer le diagnostic et les traitements.

Concernant les hémopathies malignes, le fait de distinguer l’incidence selon les principaux types histologiques améliore également considérablement la connaissance de ces maladies et permet non seulement de suivre les tendances de chaque type d’hémopathie maligne dans le temps mais également de générer des hypothèses étiologiques ou d’apporter des possibilités de comparaison sur le plan diagnostique et thérapeutique.

Certaines hémopathies malignes ont aujourd’hui une incidence en augmentation dont l’origine ne relèverait ni d’un artéfact d’enregistrement, ni de modifications démographiques. C’est le cas de plusieurs hémopathies lymphoïdes pour lesquelles des travaux récents issus du consortium InterLymph ont montré une hétérogénéité des facteurs de risque selon leur sous‑type histologique sur un fond étiologique commun [28]. En effet, certains sous‑types de lymphomes sont associés à des facteurs de risque en lien avec l’immunité (antécédents de maladies auto‑immunes par exemple) comme le lymphome diffus à grandes cellules B ou le lymphome du MALT (ce qui est concordant avec les résultats obtenus dans le domaine de l’épidémiologie du VIH/sida ou des greffes d’organes) alors que d’autres ont peu d’associations avec des facteurs de risque connus mais ont davantage une origine génétique comme le démontrent les résultats des études d’associations pangénomiques récentes sur la leucémie lymphoïde chronique ou le lymphome folliculaire. L’existence de facteurs de risque d’origine environnementale et professionnelle est également avérée. Ces éléments montrent qu’il reste une large place pour la recherche étiologique sur ces maladies et les interactions entre facteurs environnementaux et génétiques.

Compte tenu du nouveau découpage des hémopathies malignes réalisé pour cette publication de l’incidence, les données de mortalité correspondantes ne sont pas disponibles. Pour autant, une publication récente de la survie nette en France sur la même période et selon la même classification des hémopathies malignes est disponible et une nouvelle parution est prévue pour 2020.

Moins la science est productrice, plus elle sert de vitrine et de prétexte

Expertise de l’échec

Publié par Luc Perino, médecin généraliste, humeur du 30/06/2019

Un historien téméraire qui voudrait résumer l’histoire de la science médicale en un seul tableau ferait deux colonnes : celle des victoires à gauche (arbitrairement) et celle des échecs à droite (avec le même arbitraire). (On peut intervertir les colonnes pour ceux qui ont une susceptibilité politique paranoïaque).

Ce compendium ne concernerait évidemment que la santé publique, car si les cas individuels sont une inépuisable source de romans médicaux, ils ont peu d’intérêt pour l’histoire de l’épidémiologie.

Les critères du choix ne devraient pas être mièvres ou ambigus, sinon, cette audacieuse dichotomie perdrait de sa pertinence. Il faudrait s’en tenir à un seul critère, brutal, grossier, incontestable : celui de la persistance ou de la disparition de la maladie dans le paysage.

On mettrait en vrac dans la colonne de gauche les maladies qui ont disparu ou dont on ne meurt plus :

  • peste,
  • pied-bot,
  • placenta prævia,
  • scorbut,
  • crétinisme hypothyroïdien,
  • rhumatisme articulaire aigu,
  • ergotisme,
  • choléra,
  • rachitisme,
  • etc.

Et dans le vrac de droite, celles qui tuent ou qui sont toujours là :

  • cancers du sein,
  • du pancréas
  • ou du poumon,
  • AVC et autres infarctus,
  • addictions,
  • Alzheimer,
  • autisme,
  • schizophrénie,
  • sciatique,
  • dépression,
  • herpès récurrent,
  • obésité,
  • migraine,
  • etc.

Notre historien en conclurait que la médecine s’est révélée incompétente pour toutes les pathologies de la colonne de droite. Voilà qui ne ferait certainement pas plaisir aux experts en charge de ces pathologies, d’autant moins qu’ils ont pris l’habitude d’être « starifiés » par les médias, par les centres de recherche et leurs pourvoyeurs de fonds.

Certes, ces « stars » ont raison de persévérer dans ces domaines où l’on reste ignorant. Le moindre petit frémissement de progrès dans ces monceaux d’incompétence est perçu comme un exploit sans précédent. Néanmoins, sans trop blâmer cette persévérance et cet optimisme, il faut lucidement constater que le domaine médical a ceci de particulier qu’il est le seul où l’échec permanent constitue un label de sérieux et d’expertise. Mieux encore, ces échecs irréductibles sont ceux où le marché prospère de façon éhontée, où les prix sont les plus indécents, où les ministères affichent les programmes les plus irréalistes et où les patients sont les plus captifs.
On peut aller jusqu’à mettre en équations les rapports entre l’intensité de l’échec et le nombre de plans ministériels, de propositions thérapeutiques, le montant des budgets et le temps médiatique. Bref, moins la science est productrice, plus elle sert de vitrine et de prétexte. Les échecs de la médecine sont le terreau de la collusion entre le marché dérégulé et les autorités régulatrices.

Notre historien téméraire, perplexe devant son tableau à deux colonnes, proposerait sans doute de réguler les régulateurs et de secouer les observateurs pour tenter de redonner un sens à l’histoire des sciences biomédicales. Mais un historien ne fait pas l’Histoire, il la constate et tente de la démystifier.

En Savoir Plus

Un Cancer ? Rien de Plus Normal !

Dépistage de la normalité

Publié par Luc Perino, médecin généraliste, humeur du 18/06/2019

En 2014, résumant les dernières années de recherche, George Johnson osait affirmer « Le cancer n’est pas une maladie, c’est un phénomène ».

Depuis une décennie, la biologie nous confirme que le cancer est l’évolution normale de toutes les lignées cellulaires. Chacune y aboutissant plus ou moins tôt en fonction de son rythme prédéterminé de renouvellement tissulaire (les muqueuses intestinales ou bronchiques plus rapidement que les os ou les neurones)

Dans le même temps les progrès des technologies biomédicales ont permis de détecter les cellules tumorales dans l’organisme. Les micropuces à ADN avaient inauguré le dépistage de l’ADN tumoral dans les années 1990. Désormais, les ADN, ARN, voire protéines ou exosomes tumoraux sont détectables par la dénommée « biopsie liquide », c’est-à-dire une simple prise de sang. Des biopsies de peau chez de jeunes personnes saines révèlent systématiquement des mutations précancéreuses.

Ces nouvelles technologies rendent caduque le vieux débat sur le dépistage systématique, puisqu’à court terme, elles aboutiront à un diagnostic de cancer chez tous les adultes. Les meilleurs experts non normatifs de la cancérologie commencent à déclarer sans détour que les dépistages systématiques sont inutiles, et certains pays commencent à les supprimer des programmes sanitaires. Décision d’autant plus sage que, toujours dans le même temps, les progrès de la chirurgie, de la radiothérapie, et de quelques chimiothérapies ont permis d’améliorer la survie des cancers cliniques.

En dehors de la prévention, les maigres résultats épidémiologiques de la cancérologie depuis un demi-siècle ne résultent pas du dépistage mais du meilleur traitement des cancers cliniquement déclarés.

La bonne question n’est donc pas, pourquoi nous développons des cancers, mais pourquoi nous en avons si peu qui parviennent au stade clinique ? Les mammifères dont nous faisons partie ont mis en place de solides mécanismes de défense pour retarder cet inexorable phénomène.

Enfin, si l’humour peut améliorer notre appréhension de la cancérologie, ne nous en privons pas. Les statistiques montrent que les patients atteints de maladies psychiatriques ou d’Alzheimer ont beaucoup moins de cancers que les autres. Non, il ne s’agit pas d’une chance compensatrice, mais simplement du fait qu’ils font moins de dépistage systématique. La mort par cancer finit par les rattraper, aux mêmes âges que les autres.

Les patients ne sont pas encore prêts à ces réflexions contre-intuitives. Les médecins non plus, y compris la grande majorité des cancérologues. Il en est ainsi dans les domaines où une orchestration dramaturgique formate la pensée. Mais, n’en doutons pas, un jour relativement proche viendra où lorsqu’un sénior en bonne santé viendra consulter avec l’angoissante question de savoir s’il a un cancer, le médecin pourra sereinement lui répondre :

– oui vous en avez certainement plusieurs, mais rassurez-vous, c’est normal…

En Savoir Plus

A New Laser Cytophone Device Able to Find and Destroy Cancer Cells in the Blood ?

In vivo liquid biopsy using Cytophone platform for photoacoustic detection of circulating tumor cells in patients with melanoma

Cancer cells can spread to other parts of the body through the blood. And now, researchers have developed a new kind of laser that can find and zap those tumor cells from the outside of the skin, LiveScience reports, medicalxpress reports and medicaldaily reports.

Abstract

Most cancer deaths arise from metastases as a result of circulating tumor cells (CTCs) spreading from the primary tumor to vital organs. Despite progress in cancer prognosis, the role of CTCs in early disease diagnosis is unclear because of the low sensitivity of CTC assays. We demonstrate the high sensitivity of the Cytophone technology using an in vivo photoacoustic flow cytometry platform with a high pulse rate laser and focused ultrasound transducers for label-free detection of melanin-bearing CTCs in patients with melanoma. The transcutaneous delivery of laser pulses via intact skin to a blood vessel results in the generation of acoustic waves from CTCs, which are amplified by vapor nanobubbles around intrinsic melanin nanoclusters. The time-resolved detection of acoustic waves using fast signal processing algorithms makes photoacoustic data tolerant to skin pigmentation and motion. No CTC-associated signals within established thresholds were identified in 19 healthy volunteers, but 27 of 28 patients with melanoma displayed signals consistent with single, clustered, and likely rolling CTCs. The detection limit ranged down to 1 CTC/liter of blood, which is ~1000 times better than in preexisting assays. The Cytophone could detect individual CTCs at a concentration of ≥1 CTC/ml in 20 s and could also identify clots and CTC-clot emboli. The in vivo results were verified with six ex vivo methods. These data suggest the potential of in vivo blood testing with the Cytophone for early melanoma screening, assessment of disease recurrence, and monitoring of the physical destruction of CTCs through real-time CTC counting.

60 MiNueTs Toxic

UCSF Program on Reproductive Health and the Environment, 2017

Video published on 18 Apr 2019 by the UCSF Program on Reproductive Health and the Environment.

The University of California San Francisco (UCSF) Program on Reproductive Health and the Environment (PRHE)’s mission is to create a healthier environment for human reproduction and development through advancing scientific inquiry, clinical care and health policies that prevent exposures to harmful chemicals in our environment.

More Information

Carey Gillam on Monsanto Lawsuit

The legal picture and the bigger picture, MARCH 29, 2019

How much power will we grant profit-driven corporations to determine not just what we’re exposed to, but what we’re permitted to know about it ?

Carey Gillam, longtime journalist, is currently research director at the group US Right to Know, and author of the book Whitewash: The Story of a Weedkiller, Cancer and the Corruption of Science.

Reference.

Why are ObGyns Talking Toxins ?

Let’s make environmental health part of health care

Doctors from 125 countries want policies to prevent exposure to toxic chemicals

Produced for PRHE by Susan Lamontagne, Public Interest Media Group, for the International Federation of Gynecology and Obstetrics (FIGO) XXI World Congress on September 30, 2015.