La confusion entre DT1 et DT2

Devinettes, indices et numéros discrets

Publié par Luc Perino, médecin généraliste, humeur du 03/04/2019

Première devinette.

Quelle est la maladie

  • dont on parle tous les jours sur tous les médias,
  • qui propose 25 millions d’entrées sur Google France,
  • qui fait l’objet de dix-mille publications par an dans de grandes revues scientifiques,
  • qui ne provoque aucun symptôme
  • et pour laquelle aucun médicament n’a la moindre efficacité ?

Si vous répondez le diabète, vous êtes à la fois étourdi et perspicace.

Etourdi comme la quasi-totalité des médecins, journalistes et patients qui ne savent pas que le mot diabète n’a aucune signification si l’on oublie de préciser de quel numéro il s’agit.

Perspicace, car c’est bien du diabète de type 2 (DT2) dont il s’agit. Cependant, dans tous les cas, vous avez tort, car le DT2 n’est pas une maladie, c’est simplement un facteur de risque pour d’autres maladies. C’est même un facteur de risque plus facile à éliminer que beaucoup d’autres.

Deuxième devinette.

Pourquoi oublie-t-on toujours de mentionner le numéro qui fait la différence entre ce facteur de risque gérable et la maladie auto-immune irréversible et gravissime qu’est le diabète de type 1 (DT1) ?

La réponse exige ici témérité et nécessite des indices.

  1. Premier indice. Pour faire disparaître le DT2, il faudrait réglementer sévèrement les sodas, l’automobile en ville, les distributeurs de sucreries, les écrans pour enfants, les aliments transformés, les escaliers roulants et tant d’autres succès de la technologie et moteurs de la croissance.
  2. Deuxième indice. Les médicaments du DT2 ne changent rien au risque de mortalité, mais le leurre individuel permet d’éviter les affres économiques du premier indice.
  3. Le troisième indice est lié aux gains faramineux du deuxième indice.

À ceux qui oseraient une réponse et proposeraient des solutions, il faudrait rappeler qu’aucun gouvernement au monde n’a encore imaginé de projet alternatif à la croissance.
On ne peut donc pas espérer mettre un terme prochain à la confusion entre DT1 et DT2.
Si je parle d’une science de faussaire, d’une terminologie trompeuse ou d’une médiatisation biaisée on m’accusera d’être un théoricien du complot.
Je devrai alors me contenter du principe de réalité en constatant que même la très austère HAS (Haute Autorité de Santé) ne parvient pas à la rigueur scientifique qui convient à ces deux diabètes si dissemblables, puisque le Conseil d’Etat a dû récemment abroger la fiche de transparence et les recommandations sur le DT2.

De quoi conclure que les numéros des diabètes seront discrètement oubliés pendant très longtemps et qu’il faudra plus longtemps encore pour oser affirmer que le numéro 2 n’est pas une maladie.

En Savoir Plus

“Générations Futures” : c’est 20 ans de lutte contre les pesticides !

Ca donne quoi ? Découvrez-le en 4 minutes vidéo !

Alors que la 14e Semaine pour les alternatives aux pesticides se clôture, nous voulions prendre le temps de faire le bilan. L’occasion de se replonger, avec vous, dans les moments les plus marquants de l’histoire de Générations Futures depuis sa création et de partager ensemble ses avancées et ses tournants.

Rappelez-vous : chaque action, chaque victoire, nous la devons à votre générosité et à votre soutien. Du fond du cœur, merci. Rien n’aurait été et ne sera possible sans vous. Pour nous aider à œuvrer pour un avenir sans pesticides de synthèse, rejoignez-nous, parlez de l’association autour de vous, faites un don. Chaque action compte ! Référence.

L’agence du médicament retire du marché des implants mammaires

L’ANSM rappelle sa recommandation d’utiliser de préférence des implants mammaires lisses en chirurgie esthétique ou reconstructrice

Communiqué ANSM

Depuis l’apparition en 2011 des premiers cas de lymphomes anaplasiques à grandes cellules associés aux implants mammaires (LAGC-AIM), l’Agence nationale du médicament et des produits de santé (ANSM) a mené de nombreuses investigations afin d’étudier le lien entre la survenue de cas de LAGC et la texture des implants mammaires.

Au regard de l’ensemble des informations dont elle dispose, dont des avis d’experts indépendants, l’ANSM considère que la texturation de certains implants macrotexturés et implants à surface recouverte de polyuréthane constitue un facteur de risque dans l’apparition de LAGC-AIM.

Ainsi, l’ANSM prend la décision, par mesure de précaution, de retirer du marché ces implants afin de réduire l’exposition des femmes au risque de LAGC qui reste un risque rare mais grave.Compte tenu de la rareté de ce risque, l’ANSM ne recommande pas d’explantation préventive pour les femmes porteuses de ces implants.

L’ANSM met en place le numéro vert 0.800.71.02.35 pour répondre aux interrogations des patientes. Celles-ci sont également invitées à consulter un professionnel de santé en cas de questions complémentaires.

Compte tenu de la rareté du risque de survenue de LAGC-AIM et de l’avis du CSST, l’ANSM ne recommande pas d’explantation préventive des implants macrotexturés et des implants à surface recouverte de polyuréthane.

Liste des implants mammaires concernés par la décision de l’ANSM

En Savoir Plus

Progéniture Distilbène

Le distilbene a des effets secondaires sur plusieurs générations

Festival de dessins d’humour à Labouheyre ; un DESsin de Pierre Bizalion.

Le Distilbène DES, en savoir plus

Accès aux soins de santé et équité : René Frydman s’adresse à Emmanuel Macron

La recherche française manque de moyens et peine à faire face à la concurrence

Le médecin René Frydman, pionnier de la fécondation in vitro, est spécialiste de la reproduction et du développement de l’assistance médicale à la procréation en France, et producteur de l’émission “Matière à penser” sur France Culture.

Intervention de 3:22:30 à 3:28:55.

“Nous sommes au moment où un projet de loi sur la santé en 2022 est discuté. […] Il me semble que la démocratie sanitaire pourrait être un exemple de cette transition vers le futur.“

René Frydman interroge la possible subdivisions des régions en “territoires de santé” qui tiendraient compte des transports, de la population…

“Nous sommes en perte de vitesse totale” […] “Nous étions participants aux recherches fondamentales du traitement de la reproduction. Aujourd’hui, il est très rare que les Français soient dans les congrès internationaux.”

Il estime qu’il y a une nécessité de rediscuter de la PMA, mais qu’on ne peut pas l’étendre sans un procédé à la hauteur des espérances, ce qui nécessite de prendre en compte la prévention, l’information, la recherche et une vigilance éthique. Il aimerait aussi un plan de lutte contre l’infertilité.

Lire Recherche scientifique : Emmanuel Macron interpellé sur le manque de moyens, franceculture, 18/03/2019.

Dix conseils pour déceler le vrai du faux sur les articles de pharmacologie (sociale)

Petite leçon de décryptage d’un article médical

Publié par Luc Perino, médecin généraliste, humeur du 18/03/2019

Les sciences de la santé étant les plus faciles à corrompre, voici dix points devant susciter la méfiance, lors de la lecture d’un article parlant d’un médicament dans la presse générale.

  1. S’il est dit que la maladie concernée est sous-diagnostiquée ou diagnostiquée trop tardivement, l’article est probablement lié à des conflits d’intérêts ou sous influence directe de l’industriel. Manipuler l’opinion par la nécessité d’un diagnostic précoce est très efficace, car conforme à l’intuition populaire.
  2. S’il est question de « fléau du siècle », il faut vérifier si le fléau correspond à la maladie citée. Dire que le cancer est un fléau n’a pas de pertinence pour parler de certains cancers (prostate, col de l’utérus, mélanosarcome) dont chacun a un faible poids dans la mortalité. En outre, la grande fréquence d’une maladie ne signifie pas que l’article qui en parle soit pertinent. Cela devrait plutôt indiquer l’échec de ceux qui en ont la charge.
  3. Lorsqu’il s’agit d’une étude en cours, on peut cesser la lecture dans l’attente de résultats concrets. Car les échecs des études médicamenteuses sont généralement passés sous silence, contrairement aux échecs de la fusée Ariane qui sont tous mentionnés.
  4. Lorsque l’article surexploite le mythe du progrès. Vanter des succès historiques n’est pas suffisant pour anticiper un succès futur. Particulièrement dans le domaine de la santé.
  5. Lorsque l’article se résume à un ou plusieurs témoignages de cas individuels, cela ne suffit pas à établir une vérité médicale. Que ce soit l’exploitation d’un seul incident pour dénigrer un vaccin, ou la satisfaction d’un seul patient pour clamer l’efficacité d’un médicament.
  6. Lorsque la « charité » domine. La compassion et l’altruisme sont communs à tous les primates. Il est raisonnable de penser que les médecins ne font pas exception. Celui qui clame trop ostensiblement sa compassion est suspect. Très souvent la flamboyance de l’altruisme est proportionnelle au coût des thérapeutiques qui le sous-tendent.
  7. L’argument de l’action. En écho au fléau et à la compassion, le fameux « nous devons absolument faire quelque-chose » est une démagogie qui élimine, a priori et sans preuve, la possible supériorité de l’abstention.
  8. Lorsque l’article comporte des attaques ad hominem, comme accuser les adversaires du médicament d’être des intégristes ou des ayatollahs. On peut être intègre sans être intégriste.
  9. Lorsque la démonstration moléculaire est théoriquement trop parfaite. Le réductionnisme ne fonctionne pas pour les pathologies multifactorielles. Il faut attendre les résultats sur la quantité-qualité de vie. Production de recherche et production de santé ne sont pas synonymes.
  10. Enfin il faut déchirer tout article vantant une pharmacologie préventive dans les domaines où il est évident que seule la prévention hygiéno-diététique est efficace. Ce sont hélas les plus nombreux.

En Savoir Plus

Les USA, pays accro aux opioïdes

L’INSTANT M, Jeudi 21 février 2019, par Sonia Devillers

Le journaliste Pierre Monégier a enquêté sur les ravages d’un médicament antidouleur, qui provoque la mort sur ordonnance à tous les coins de rue.

En Savoir Plus

Opioïdes : l’Amérique dévastée

Enquête sur un pays accro aux médicaments antidouleurs

Un couple de personnes âgées inanimées sur un banc en pleine rue, une petite fille en pleurs devant sa maman qui a perdu conscience dans les rayons d’un supermarché : un type de vidéos chocs semble-t-il de plus en plus nombreuses.

Les opioïdes ont inondé le marché américain.

Tout commence souvent par un mal de dos, une douleur chronique ou des rhumatismes : leur médecin prescrit des opioïdes…

“Envoyé spécial” diffuse un document exceptionnel dans une Amérique en pleine overdose.

Référence 1. Référence 2. Référence 3. Référence 4.

Un reportage de Pierre Monégier, Brice Baubit et Emmanuel Lejeune,

Paul François, un agriculteur contre Monsanto

Interview Brut, Février 2019

Paul François avait réussi à faire condamner Monsanto, puis la Cour de cassation a cassé le jugement.

Aujourd’hui, Paul François entame son 4ème procès contre le géant des OGM et continue de se battre pour une agriculture responsable et l’arrêt de l’utilisation du glyphosate. Il raconte.

Élise Lucet sur le glyphosate

Interview Brut, Janvier 2019

Envoyé spécial a consacré une soirée spéciale au glyphosate le jeudi 17 janvier à 21h sur France 2

Atteint d’un cancer incurable, l’Américain Dewayne Johnson a attaqué en justice Monsanto. C’est le premier au monde à avoir gagné un procès contre le géant américain. Elise Lucet raconte toute l’histoire pour Brut.