Progéniture Distilbène

Le distilbene a des effets secondaires sur plusieurs générations

Festival de dessins d’humour à Labouheyre ; un DESsin de Pierre Bizalion.

Le Distilbène DES, en savoir plus

Accès aux soins de santé et équité : René Frydman s’adresse à Emmanuel Macron

La recherche française manque de moyens et peine à faire face à la concurrence

Le médecin René Frydman, pionnier de la fécondation in vitro, est spécialiste de la reproduction et du développement de l’assistance médicale à la procréation en France, et producteur de l’émission “Matière à penser” sur France Culture.

Intervention de 3:22:30 à 3:28:55.

“Nous sommes au moment où un projet de loi sur la santé en 2022 est discuté. […] Il me semble que la démocratie sanitaire pourrait être un exemple de cette transition vers le futur.“

René Frydman interroge la possible subdivisions des régions en “territoires de santé” qui tiendraient compte des transports, de la population…

“Nous sommes en perte de vitesse totale” […] “Nous étions participants aux recherches fondamentales du traitement de la reproduction. Aujourd’hui, il est très rare que les Français soient dans les congrès internationaux.”

Il estime qu’il y a une nécessité de rediscuter de la PMA, mais qu’on ne peut pas l’étendre sans un procédé à la hauteur des espérances, ce qui nécessite de prendre en compte la prévention, l’information, la recherche et une vigilance éthique. Il aimerait aussi un plan de lutte contre l’infertilité.

Lire Recherche scientifique : Emmanuel Macron interpellé sur le manque de moyens, franceculture, 18/03/2019.

Dix conseils pour déceler le vrai du faux sur les articles de pharmacologie (sociale)

Petite leçon de décryptage d’un article médical

Publié par Luc Perino, médecin généraliste, humeur du 18/03/2019

Les sciences de la santé étant les plus faciles à corrompre, voici dix points devant susciter la méfiance, lors de la lecture d’un article parlant d’un médicament dans la presse générale.

  1. S’il est dit que la maladie concernée est sous-diagnostiquée ou diagnostiquée trop tardivement, l’article est probablement lié à des conflits d’intérêts ou sous influence directe de l’industriel. Manipuler l’opinion par la nécessité d’un diagnostic précoce est très efficace, car conforme à l’intuition populaire.
  2. S’il est question de « fléau du siècle », il faut vérifier si le fléau correspond à la maladie citée. Dire que le cancer est un fléau n’a pas de pertinence pour parler de certains cancers (prostate, col de l’utérus, mélanosarcome) dont chacun a un faible poids dans la mortalité. En outre, la grande fréquence d’une maladie ne signifie pas que l’article qui en parle soit pertinent. Cela devrait plutôt indiquer l’échec de ceux qui en ont la charge.
  3. Lorsqu’il s’agit d’une étude en cours, on peut cesser la lecture dans l’attente de résultats concrets. Car les échecs des études médicamenteuses sont généralement passés sous silence, contrairement aux échecs de la fusée Ariane qui sont tous mentionnés.
  4. Lorsque l’article surexploite le mythe du progrès. Vanter des succès historiques n’est pas suffisant pour anticiper un succès futur. Particulièrement dans le domaine de la santé.
  5. Lorsque l’article se résume à un ou plusieurs témoignages de cas individuels, cela ne suffit pas à établir une vérité médicale. Que ce soit l’exploitation d’un seul incident pour dénigrer un vaccin, ou la satisfaction d’un seul patient pour clamer l’efficacité d’un médicament.
  6. Lorsque la « charité » domine. La compassion et l’altruisme sont communs à tous les primates. Il est raisonnable de penser que les médecins ne font pas exception. Celui qui clame trop ostensiblement sa compassion est suspect. Très souvent la flamboyance de l’altruisme est proportionnelle au coût des thérapeutiques qui le sous-tendent.
  7. L’argument de l’action. En écho au fléau et à la compassion, le fameux « nous devons absolument faire quelque-chose » est une démagogie qui élimine, a priori et sans preuve, la possible supériorité de l’abstention.
  8. Lorsque l’article comporte des attaques ad hominem, comme accuser les adversaires du médicament d’être des intégristes ou des ayatollahs. On peut être intègre sans être intégriste.
  9. Lorsque la démonstration moléculaire est théoriquement trop parfaite. Le réductionnisme ne fonctionne pas pour les pathologies multifactorielles. Il faut attendre les résultats sur la quantité-qualité de vie. Production de recherche et production de santé ne sont pas synonymes.
  10. Enfin il faut déchirer tout article vantant une pharmacologie préventive dans les domaines où il est évident que seule la prévention hygiéno-diététique est efficace. Ce sont hélas les plus nombreux.

En Savoir Plus

Les USA, pays accro aux opioïdes

L’INSTANT M, Jeudi 21 février 2019, par Sonia Devillers

Le journaliste Pierre Monégier a enquêté sur les ravages d’un médicament antidouleur, qui provoque la mort sur ordonnance à tous les coins de rue.

En Savoir Plus

Opioïdes : l’Amérique dévastée

Enquête sur un pays accro aux médicaments antidouleurs

Un couple de personnes âgées inanimées sur un banc en pleine rue, une petite fille en pleurs devant sa maman qui a perdu conscience dans les rayons d’un supermarché : un type de vidéos chocs semble-t-il de plus en plus nombreuses.

Les opioïdes ont inondé le marché américain.

Tout commence souvent par un mal de dos, une douleur chronique ou des rhumatismes : leur médecin prescrit des opioïdes…

“Envoyé spécial” diffuse un document exceptionnel dans une Amérique en pleine overdose.

Référence 1. Référence 2. Référence 3. Référence 4.

Un reportage de Pierre Monégier, Brice Baubit et Emmanuel Lejeune,

Paul François, un agriculteur contre Monsanto

Interview Brut, Février 2019

Paul François avait réussi à faire condamner Monsanto, puis la Cour de cassation a cassé le jugement.

Aujourd’hui, Paul François entame son 4ème procès contre le géant des OGM et continue de se battre pour une agriculture responsable et l’arrêt de l’utilisation du glyphosate. Il raconte.

Élise Lucet sur le glyphosate

Interview Brut, Janvier 2019

Envoyé spécial a consacré une soirée spéciale au glyphosate le jeudi 17 janvier à 21h sur France 2

Atteint d’un cancer incurable, l’Américain Dewayne Johnson a attaqué en justice Monsanto. C’est le premier au monde à avoir gagné un procès contre le géant américain. Elise Lucet raconte toute l’histoire pour Brut.

Duel : faut-il interdire le glyphosate ?

Un pro et un anti-glyphosate répondent sur Brut nature FR, 2019

Vincent est céréalier-betteravier et il travaille sans labour. Il utilise le glyphosate uniquement entre 2 cultures vivrières, pour tuer les mauvaises herbes et stopper la croissance de cultures intermédiaires qu’il utilise ensuite pour nourrir ses sols.

Benoît est éleveur et céréalier en agriculture biologique. Il n’utilise plus de pesticides et d’engrais de synthèse et affirme n’utiliser aucun pesticides naturels. Il ne pratique plus le labour depuis 2007.

Addiction sur ordonnance

Médicaments opioïdes : première cause de mort par overdose en France

Les opioïdes tuent aussi en France : ils sont devenus la première cause de mort par overdose : trois décès par jour, un millier chaque année.

Il y a désormais plus d’overdoses chez les patients souffrant de douleurs chroniques que chez les toxicomanes.

Référence 1. Référence 2.

Où en est la médecine basée sur les preuves ?

EBM et maladies chroniques

Publié par Luc Perino, médecin généraliste, humeur du 26/02/2019

« EBM » est le sigle de « evidence based medicine » ou « médecine basée sur les preuves ». Ce concept promu dans les années 1960 recèle une insulte envers nos ancêtres médecins. Tous les diagnostics étaient déjà basés sur de solides preuves depuis la méthode anatomoclinique qui a fondé la médecine moderne dans les années 1800. La majorité des médicaments efficaces (insuline, antibiotiques, corticoïdes, aspirine, vitamines, vaccins, héparine, morphine, diurétiques, neuroleptiques, etc.) ont été découverts avant l’EBM.

S’arroger ainsi une rigueur qui existait depuis longtemps est une impudence qui peut cependant s’expliquer. Auparavant, la médecine gérait des pathologies monofactorielles dont les symptômes étaient vécus (infections, traumatismes, carences, épilepsie, etc.). Puis, au cours du XX° siècle, elle s’est intéressée à des maladies plurifactorielles : tumorales, neurodégénératives, immunologiques, psychiatriques, métaboliques et cardiovasculaires. Toutes caractérisées par une évolution lente et des symptômes erratiques rendant la preuve empirique impossible. Comment prouver que détruire quelques cellules cancéreuses, faire baisser la pression artérielle ou le cholestérol augmente la quantité-qualité de vie ?
Pour convaincre les médecins et les patients, il fallait remplacer la preuve individuelle vécue par une preuve populationnelle et probabiliste. L’idée était bonne, l’outil statistique valide et le paradigme séduisant. C’est pourquoi, depuis un demi-siècle, l’EBM et ces maladies dites « chroniques » monopolisent la pensée médicale.

Il est temps d’oser quelques raisonnables critiques.

  • Définir une maladie aux symptômes concrets était déjà difficile, c’est désormais impossible puisqu’une majorité de ces « maladies chroniques » ne sont jamais vécues (hypertension, hyperglycémie, cancer dépisté, etc.).
  • Les gains de quantité de vie sont négligeables et souvent non évaluables (le traitement d’une hypercholestérolémie par statine ne peut rivaliser avec celui du scorbut par la vitamine C ou d’une septicémie par la pénicilline)
  • Les gains de qualité de vie sont nuls ou négatifs (l’annonce d’un cancer non vécu est une perte, alors que la suppression des délires par un neuroleptique était un gain pour le patient et sa parentèle)
  • Les statistiques et publications ont accumulé des biais et tricheries si effarants que toute la pratique médicale en devient suspecte.

Considérons encore plus pragmatiquement l’échec global sur ces « maladies chroniques ». Si la médecine peut être fière d’avoir supprimé la variole, le pied-bot et le bégaiement, elle ne le peut pas pour des maladies dont la prévalence augmente (Alzheimer, myopie, obésité, cancer ou dépression). Même si certains facteurs sont sociétaux, cela reste un échec pour ceux qui en revendiquent la charge.

Enfin, reprocher le diagnostic trop tardif de maladies chroniques est antinomique, voire ubuesque. Après avoir insulté les médecins du passé, l’EBM récidive avec ceux d’aujourd’hui.

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