État des lieux de la consommation des antalgiques opioïdes et leurs usages problématiques

Antalgiques opioïdes : l’ANSM publie un point d’Information février 2019

La prévention des risques liés aux antalgiques opioïdes est une préoccupation majeure des autorités de santé. L’Agnce nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) publie un rapport sur la consommation des antalgiques opioïdes en France, s’inscrivant ainsi dans une démarche de surveillance globale de l’utilisation des médicaments utilisés dans la prise en charge de la douleur.

En 10 ans, la consommation des antalgiques opioïdes a augmenté ; cela s’inscrit dans la politique d’amélioration de la prise en charge de la douleur de part, notamment, des plans ministériels de lutte contre la douleur ayant été mis en place depuis 1998.

En parallèle, l’ANSM observe une augmentation du mésusage, ainsi que des intoxications et des décès liés à l’utilisation des antalgiques opioïdes, qu’ils soient faibles ou forts. Cependant, la situation n’est pas comparable avec celle observée aux Etats-Unis et au Canada.

L’enjeu pour les autorités sanitaires françaises consiste à sécuriser au mieux l’utilisation des antalgiques opioïdes sans restreindre leur accès aux patients qui en ont besoin.

En France, l’ANSM mène régulièrement des actions visant à contrôler l’encadrement de ces médicaments en termes de conditions de prescription et de délivrance, d’interdiction de publicité auprès du grand public, d’informations à destination des professionnels de santé. Elle surveille attentivement la consommation des antalgiques opioïdes et des risques associés.

Les principaux enseignements du rapport :

  • D’après les données de l’assurance maladie, près de 10 millions de français ont eu une prescription d’antalgique opioïde en 2015. En 2017, l’antalgique opioïde le plus consommé en France est le tramadol puis la codéine en association et la poudre d’opium associée au paracétamol. Viennent ensuite la morphine, premier antalgique opioïde fort, l’oxycodone, à présent pratiquement autant consommé que la morphine, puis le fentanyl transdermique et transmuqueux à action rapide.
  • Entre 2006 et 2017, la prescription d’opioïdes forts a augmenté d’environ 150 %[3] . L’oxycodone est l’antalgique opioïde qui marque l’augmentation la plus importante.
  • La consommation globale des opioïdes faibles est restée relativement stable. Le retrait du dextropropoxyphène en 2011 a été accompagné de l’augmentation de la consommation des autres opioïdes faibles et en particulier du tramadol. Il devient l’antalgique opioïde le plus consommé (forts et faibles confondus) avec une augmentation de plus de 68 % entre 2006 et 2017.
  • Les opioïdes ont un intérêt majeur et incontestable dans la prise en charge de la douleur et restent moins consommés que les antalgiques non-opioïdes (paracétamol, aspirine, AINS). Cependant, la consommation des antalgiques opioïdes peut s’accompagner de complications graves. Cette problématique touche principalement des patients qui consomment un antalgique opioïde pour soulager une douleur, et qui développent une dépendance primaire à leur traitement, et parfois le détournent de son indication initiale. Ainsi, le nombre d’hospitalisations liées à la consommation d’antalgiques opioïdes obtenus sur prescription médicale a augmenté de 167 % entre 2000 et 2017 passant de 15 à 40 hospitalisations pour un million d’habitants. Le nombre de décès liés à la consommation d’opioïdes a augmenté de 146 %, entre 2000 et 2015, avec au moins 4 décès par semaine.

Référence.

Doctors’ unconscious instinct to reciprocate med reps’ gifts

What Big Pharma knows about people’s hardwired instinct to return the favor when given a gift

Abstract

… “You might reasonably ask whether a modest meal with a pharmaceutical sales rep matters all that much. You might also be surprised by what a small gift can buy. In recent years, social psychologists and marketers have demonstrated that the pull of reciprocity is exceedingly powerful in human beings, often acting on us in ways we may not consciously appreciate. Perhaps it’s too much to suggest that free pens were responsible for the opioid epidemic. But it’s become more and more clear that a gift, even from a salesperson, can make the receiver feel obliged to give something in return.” …

Read Did Free Pens Cause the Opioid Crisis? on the atlantic, about the role of medical representatives in the promotion of pharmaceuticals in general, and the opioid crisis in particular.

Too Much Medicine Helsinki Symposium 2018

Paulo Foundation International Medical Symposium, Helsinki, 15 – 17 Aug 2018

Abstracts

  • Overestimation of depression prevalence in meta-analyses via the inclusion of primary studies that assessed depression using screening tools or rating scales rather than validated diagnostic interviews
  • Clinician, patient and general public beliefs about diagnostic imaging for low back pain: A qualitative evidence synthesis
  • Overdiagnosis of low back pain
  • Defining Overdiagnosis of Mental Health Disorders: Secondary Analysis of an Overdiagnosis Scoping Review
  • Evaluating the content of Choosing Wisely recommendations and prevalence of interdisciplinary finger pointing
  • Inadequate Prescription of medicines for Parkinson’s disease in the Autonomous Community of the Basque Country. An observational study
  • Is it always necessary to treat nocturia? Natural history of nocturia among men and women during the 5-year period
  • The monocriterial source of over-testing and over-treatment: the case of bone scanning
  • Increasing prescription of opioid analgesics and neuropathic pain medicines for spinal pain in Australia
  • No benefit of additional care for ‘high-risk’ patients with acute low back pain: The PREVENT randomized, placebo-controlled trial
  • Overdiagnosis, overtreatment and low-value care in physiotherapy: a scoping review
  • Targeted information based on reimbursed drug registry
  • Journal Registration Policies and Prospective Registration in Randomized Trials of Non-Regulated Interventions: A Meta-Research Review
  • Pharmacotherapy and behavioural problems in Autism Spectrum Disorders
  • Simultaneous under and over care of eye health care in Finland
  • Decision Support and Knowledge Translation Tools to Highlight the Benefits and Downstream Harms of Screening: Resources from the Canadian Task Force for Preventive Healthcare
  • A Free Access Literature Awareness Portal That Surveilles High Quality Research and Guidelines to Inform Benefits and Downstream Harms of Screening and Prevention Strategies in Healthcare
  • From “Non‐encounters” to autonomic agency. Conceptions of patients with low back pain about their encounters in Finnish health care system
  • Does the use of CAM reflect a patients´ response to “too much medicine”?
  • Preferred Reporting Items for Overview of Systematic Reviews for abstracts (PRIO-abstracts)

Reference.