Réduire la contamination des perturbateurs endocriniens pendant la vie foetale

“Nous n’avons pas le droit de contaminer un million de foetus par an”

Une alerte de plus du professeur Sultan, endocrinologue pédiatrique à Montpellier.

Le dépistage mammographique, ça fait quoi ?

Analyses d’une radiologue sur la mammographie et le dépistage systématique

Vidéo publiée le 5 octobre 2018.

Le Dr Cécile Bour, Médecin Radiologue, a participé au dépistage organisé des cancers du sein, puis a cessé après des années de pratique.

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Le surtraitement lié au dépistage systématique, et les traitements inutiles

~Quand c’est gratuit, c’est vous le produit~
Gérard Delépine, Chirurgien et Cancérologue, septembre 2018

Le dépistage systématique du cancer du sein encouragé par Octobre Rose et les autorités françaises, cause de nombreuses souffrances inutiles, qui rapportent gros à l’industrie du cancer du sein.

On a ce devoir de faire sans pesticides, dit Paul François

“ça sera bon pour nos fermes, pour le consommateur, et pour l’environnement ” ~Paul François~

Fabrice Nicolino est allé à la rencontre de Paul François sur son exploitation agricole céréalière en Charente. Gravement intoxiqué à la suite d’un accident, il est passé du conventionnel au bio.

L’interdiction des pesticides: c’est ici et maintenant, dit Marie-Lys Bibeyran

“Nous voulons que nos enfants puissent vivre et survivre” ~Marie-Lys Bibeyran~

Ouvrière viticole en Gironde, Marie-Lys Bibeyran raconte son combat pour faire reconnaitre les maladies des ouvriers liés aux produits chimiques.

Marie-Lys Bibeyran anime un comité de bagarre contre les pesticides, le collectif Info Médoc Pesticides, depuis le drame qui a touché son frère.

Comment distinguer un lobby de ce qui n’en est pas ?

Il ne faut pas amalgamer lobbies et ONG !

Les lobbies ont pris trop de place dans les cercles du pouvoir…

Référence.

En dehors de la science et de la justice, le bon sens peut parfois suffire

Pesticides, antidépresseurs et agnotologie du suicide

Publié par Luc Perino, médecin généraliste, humeur du 21/08/2018

Un retentissant procès vient de condamner Monsanto à verser 250 millions d’euros à un jardinier intoxiqué par le glyphosate. Cette sentence est considérée par la plupart des commentateurs comme une preuve définitive de la toxicité du glyphosate. Depuis des décennies, des milliers d’articles scientifiques ont formellement démontré la toxicité des pesticides en général et du glyphosate en particulier. Rares sont ceux qui ont eu un écho, et les plus commentés l’ont été cent fois moins que ce dernier procès. Certes, la science n’a pas le charme médiatique de la justice, mais ce serait là une trop rapide conclusion.

En réalité, la science n’émeut pas les multinationales, car elles en sont les premières productrices. Rien n’est plus facile que de décortiquer les petits biais consubstantiels à toute science et de produire de nouveaux biais. Cette science du doute s’appelle l’agnotologie et elle suffit à maintenir longtemps les institutions en sommeil. Surtout si ce sommeil est profitable à tous les sens du terme.

On pourrait en conclure que seule la justice peut émouvoir les multinationales. Ce pourrait être vrai si les condamnations visaient les dirigeants, mais les peines se résument toujours à d’anonymes indemnités qui ont été largement budgétées en amont. L’industrie pharmaceutique en est coutumière. Le laboratoire Glaxo a payé une amende de 3 milliards de dollars pour avoir dissimulé pendant des années les risques cardiovasculaires mortels liés à son hypoglycémiant (rosiglitazone). Pfizer a payé 2,3 milliards pour avoir promu hors autorisation de dangereux antiépileptiques pour des douleurs banales. Etc. Le procès du glyphosate semble ridicule aux côtés des milliards que paient avec discrétion les compagnies pharmaceutiques pour éviter les procès.

Pourtant, en dehors de la science et de la justice, le bon sens peut parfois suffire. La simple observation de la dévastation animale et végétale immédiate causée par les pesticides suffisait à en évaluer la toxicité. Les paysans du monde entier ne s’y sont pas trompés en choisissant les pesticides comme premier moyen de suicide. Les pesticides sont même responsables de plus d’un suicide sur sept dans le monde. Les antidépresseurs en provoquent probablement plus, mais la preuve est plus délicate, car l’agnotologie pharmaceutique est infiniment plus subtile que l’agnotologie agro-alimentaire.

Constatant le long et tortueux chemin de la vérité avec la science ou la justice comme seul attelage, nous comprenons aisément pourquoi la très grande majorité des humains se réfugie derrière les dogmes. L’industrie agro-alimentaire est là pour nous nourrir. L’industrie pharmaceutique est là pour nous soigner. Voilà des dogmes qui, en plus d’être immuables, sont vraiment reposants.

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Quelles vont être les conséquences de la récente condamnation de Monsanto ?

Le procès de tous les dangers pour Monsanto

Monsanto : un jugement historique, avec Emilie Gaillard, maître de conférences à l’Université de Caen Normandie et spécialiste du droit des générations futures, elle a participé à l’organisation du « Tribunal Monsanto » qui s’est tenu à la Haye en octobre 2016 et Stéphane Foucart, journaliste au Monde, lauréat en 2018 du Prix de la Presse Européenne avec Stéphane Horel pour leur enquête sur les Monsanto Papers.

  • Quelles vont être les conséquences de cette condamnation pour Monsanto, qui prévoit déjà de faire appel ?
  • Que va-t-il se passer pour les milliers d’Américains qui ont lancé des procédures similaires?
  • Et quels effets sur les débats autour de la toxicité du glyphosate ?

Monsanto condamné à payer 289 millions de dollars à un jardinier américain atteint d’un cancer

Dewayne Johnson, un jardinier atteint par un cancer du système lymphatique incurable, à la suite de l’utilisation de pesticides du groupe : le roundup et le ranger pro, a gagné son procès

Le tribunal de San Francisco a rendu cette décision la nuit dernière après que le jury populaire ait jugé que c’était bien le Round up et le Ranger pro, pesticides à base de glyphosate utilisé par le jardinier pendant plusieurs années qui ont contribué à la maladie du plaignant.

Mais le jury a également affirmé que Monsanto connaissait la dangerosité de ces produits et a volontairement choisi de ne pas avertir le consommateur de cette dangerosité. Image credit @olbesancenot.

« Générations Futures salue cette décision historique qui reconnait le caractère cancérogène de ces produits à base de glyphosate et la responsabilité de Monsanto dans le fait de les avoir mis sur le marché sans en avertir le consommateur »

déclare François Veillerette, Directeur de Générations Futures.

« Même si Monsanto a fait appel, nous espérons que cette condamnation est la première d’une longue série, aux Etats Unis ou des milliers de procédures similaires ont été lancées, mais aussi en France- avec la famille Grataloup par exemple- et ailleurs dans le monde. Par ailleurs cette décision souligne l’urgence de retirer les pesticides à base de glyphosate du marché ce que nous appelons le gouvernement français à faire au plus vite !»

ajoute-t-il.

La confiance des patients en leur médecin

Ne pas vexer son médecin…

Publié par Luc Perino, médecin généraliste, humeur du 09/08/2018

La relation médecin-patient est un thème rebattu. Sa qualité est supposée produire celle du soin. Depuis Balint, les médecins sont encouragés à suivre des formations pour améliorer cette relation. La confiance des patients en leur médecin est le fondement de l’effet placebo, lequel représente la plus importante contribution au succès du soin, quels que soient les progrès de la médecine et la gravité des pathologies.

Cette relation n’a évidemment pas échappé aux évolutions sociales et technologiques.

  • L’échange verbal est de plus en plus haché par diverses mélodies de téléphone.
  • Les regards se croisent moins depuis que l’ordinateur du médecin en capte la majorité.
  • Internet en est devenu une tierce personne.
  • Enfin, cette relation, importante pour l’éducation et le conseil et pour toutes les thérapies non médicamenteuses, a perdu de son poids maintenant que les industriels du médicament sont les seuls à façonner l’art et l’enseignement médical.

D’un côté, les décisions thérapeutiques sont basées sur des statistiques biomédicales le plus souvent biaisées. Néanmoins, ces décisions probabilistes sont labellisées, immuables et définitives. Les traitements sont prescrits à vie quelle que soit l’évolution clinique individuelle.
De l’autre côté, le soin empirique, modulable et réversible, façonné par la parole et la relation, est devenu presque suspect.

La souffrance générée par cette dégradation relationnelle est la même des deux côtés du stéthoscope. Médecins et patients sont également victimes de cette évolution. Le médecin se réfugie derrière une ordonnance anonyme, approuvée par sa faculté et son ministère. Le patient accepte cette ordonnance à défaut de ne pouvoir obtenir toute l’attention qu’il espérait.

La petite philosophie synthétique que je livre ici n’a rien d’original et s’est construite au gré de mes désolations de clinicien, mais l’ampleur du problème m’est apparue suite à la récente réflexion d’un ami qui me relatait les suites d’une consultation :

« mon médecin m’a prescrit ce médicament, mais je n’ose pas lui avouer que je ne le prends pas de peur de le vexer ».

Cet ami avait inversé la charge de la confiance. Il tenait manifestement à garder son médecin, bien que n’ayant plus vraiment confiance en lui. L’essentiel semblait être que ce praticien garde confiance en son patient. Ce paradoxe ébranla ma naïveté médicale et me conduisit à de nouvelles digressions sur notre métier. J’imaginai alors les imbroglios que devront démêler les futurs cliniciens.

  • Prescriptions abusives à vie,
  • effets secondaires des médicaments inutiles,
  • dissimulations de non observance,
  • automédication,
  • médicaments frelatés achetés sur internet,
  • multiples prescriptions de spécialistes ou de médecines alternatives,

bref, tous ces échecs de la relation allaient rendre le défrichage des symptômes et de l’évolution clinique infiniment laborieux. Dans la relation médecin-patient de demain, les docteurs Watson auront vraiment besoin de Sherlock Holmes à leurs côtés.

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